Jeudi 1 décembre 2011
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18:11
Voici une note qui était restée à l'état de brouillon depuis le mois de mai. Je la complète un peu et la publie telle quelle, même s'il manque
une conclusion. Pour l'instant, la conclusion n'est pas arrivée, j'allaite encore ma petite fille, même si ça devient un peu moins régulier (elle a 3 ans et 8 mois).
Ce sujet est de plus en plus souvent abordé par les médias, et je fais partie de celles qui relaient des informations le concernant.
D'aussi loin qu'il m'en souvienne, j'ai désiré avoir des enfants et les allaiter, pour moi c'était une évidence, une des rares certitudes que j'avais d'ailleurs. Donc, ça, c'est fait. Trois fois.
Quand le moment est venu d'allaiter mes enfants, je n'avais pas d'idée préconçue sur le "comment" et le "combien de temps", ni même sur le "pourquoi".
Pour le "comment", j'ai eu la chance d'avoir de bonnes indications à la maternité et d'ignorer tous les écueils susceptibles d'interférer avec l'allaitement. J'ai eu
aussi accès à des vidéos explicatives, et j'ai ainsi pu me passer des conseils d'autres personnes. Avec le recul, je me rends compte qu'il y a eu quelques erreurs, mais ça ne m'a pas empêchée
d'allaiter 9-10 mois mes deux premiers enfants à une époque où ça ne se faisait vraiment pas.
Pour ma petite dernière, j'ai eu envie de vivre l'expérience encore une fois, mais de façon plus complète, mieux informée, mieux soutenue, et j'ai assisté à des réunions de la Leche League. Là,
j'ai découvert toutes sortes de mamans, dont des mamans allaitant des bambins, voire deux enfants à la fois. Le tout dans une ambiance de partage d'expériences individuelles et au besoin de
théorie et d'explications pratiques.
Et pour "combien de temps" ? Quand on dépasse la durée du congé maternité, c'est déjà vu d'un drôle d'oeil. Pour ma part, la première fois, j'étais
allée voir le médecin la veille de mon retour présumé au travail : j'allaitais encore mon fils à 100 % et étais un peu déboussolée. Le médecin m'a donné sans hésitation une prolongation de un
mois, justifiée par ma césarienne (c'est un prétexte bien toléré pour une prolongation de congé maternité). J'ai ensuite pris consciemment la décision que j'avais déjà prise sans me le dire :
j'ai démissionné.
Donc, quelle durée pour l'allaitement ? Au début des années 90, l'âge charnière était 4 mois, maintenant c'est plutôt 6 mois. Quand j'ai dépassé les 4 mois, on s'est étonné dans mon entourage.
Mais je ne voyais pas pour quelle raison arrêter. Et j'ai continué. J'ai pourtant lourdement insisté pour donner à mon fils au moins un biberon de lait en poudre par jour, histoire de pouvoir le
confier à quelqu'un si besoin. Entre 0 et 4 mois, il a refusé tous les biberons de lait 1er âge. A partir de 4 mois, il a accepté des biberons de lait 2e âge. Son père et moi avons goûté : le
lait 2e âge était quand même nettement moins mauvais que le lait 1er âge. Pour notre fille, 2 ans plus tard, nous n'avons essayé les biberons qu'à partir de 4 mois, directement avec le lait 2e
âge, mais la chipie a été encore plus rétive que son frère et n'a jamais voulu de ce lait pas bon. D'elle-même elle n'a rien voulu d'autre que mon lait jusqu'à 6 mois, et je lui ai proposé plein
de trucs pourtant. Vu qu'elle régurgitait et que le lait maternel vomi sent vraiment moins mauvais que le lait de vache (encore un avantage du lait de mère dont on parle trop peu !), je n'ai pas
trop insisté non plus.
En tout cas, la dernière âgée de 3 ans et 3 mois tète encore, et ça je n'aurais même pas pu le concevoir quand j'ai commencé !
Car on dit souvent "pourquoi allaiter ?". Mais rarement : "pourquoi arrêter ?" Quand des proches m'ont demandé si je ne pensais pas arrêter, j'ai répondu :" pour quoi
faire ?" Parmi les arguments possibles, personne n'a osé en invoquer, je devais avoir l'air assez farouche. ;-) . Sauf un pédiatre qui dans les 5 premières minutes du premier entretien, comme je
lui ai annoncé la couleur, qui s'est exclamé : "Mais pourquoi voulez-vous la garder à l'état de bébé ?" Puis un peu plus tard : "Quelle est la place du mari dans tout ça?" Deux questions qui
tuent et auxquelles il est difficile de répondre sans préparation.
(NB : ce pédiatre ne m'a pas revue, faut quand même pas me prendre à rebrousse-poil à ce point. Mais qu'est-ce que ça peut bien leur faire ce qu'on fait de nos seins à tous ces médecins ?! )
Pourquoi allaiter donc.
Parce que c'est bien. C'est pratique. C'est naturel. Ca nourrit et protège le bébé pour pas cher. Ca permet au corps de la mère de se remettre en douceur de la grossesse et de la naissance. Ca
crée des liens. Ca permet de se rendormir sans problème car on secrète des endorphines, cool ! Et même parfois on a l'impression d'avoir de la potion magique ou un super-pouvoir, c'est agréable
de se sentir bonne à quelque chose !
Et même, continuer avec un jeune enfant a aussi des avantages, notamment quand il rentre explosé de fatigue de l'école : une petite tétée et le voilà appaisé, prêt à poursuivre la journée sans
grimper aux rideaux.
Quand je lis que Claude Halmos (que j'aime bien par ailleurs en général) dit que téter trop longtemps empêche les enfants de parler, je ricane : les miens ont tous parlé tôt, bien et même
beaucoup. Pourquoi vouloir absolument déformer la réalité pour la faire coller à des théories obsolètes (la théorie freudienne en l'occurrence).
http://editionsduhetre.fr/?page_id=405

Maternage : quand j'ai commencé à bloguer et parcourir des blogs en 2005, j'ai remarqué qu'il était souvent fait mention à une nouvelle mode, "le maternage", apparue selon
les journalistes au début des années 2000. Vu ce qui était décrit, j'ai reconnu ma façon de faire avec mes enfants au début des années 1990, et une amie
blogueuse m'a dit en avoir fait autant avec les siens au début des années 80. A croire que ces jeunes femmes pensaient que le monde avait commencé avec elles. En fait, la différence c'est que
maintenant cette pratique porte un nom : le "maternage proximal". Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, j'ai pratiqué du maternage proximal sans le savoir. Super !
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